L'interview

Christelle Essim EGUE: Cheffe d’entreprise et Femme d’affaires

Il fait nuit en ce samedi du mois de juin. L’ambiance joyeuse du week-end se ressent sur les visages enjoués des passants. Dans le ciel, les gros nuages qui s’amoncellent présagent d’une pluie imminente. Il fait frisquet. Malgré la météo et en dépit d’une journée chargée, Christelle Essim Egue consent de bonne grâce à nous rejoindre à la terrasse de Hollywood Café, sympathique restaurant où nous avons nos habitudes. La veille au soir, un quiproquo nous avait fait rater le rendez-vous. 

Entre ses multiples réunions, ses nombreuses séances de brainstorming et débriefing avec ses équipes, celle qui se définit elle-même comme une hyperactive n’a pas eu le temps de dîner. Elle commande un sandwich et un jus de fruit en guise de collation. C’est avec ce repas frugal qu’elle soulage sa fringale. Trente minutes se sont déjà écoulées depuis son arrivée quand Christelle, avec la délicatesse caractéristique des âmes nobles nous prie de bien vouloir commencer l’interview.  Celle qui se prête qui nos questions au cours de cette conversation nocturne, est l’archétype même de la Jeune Cadre Dynamique tel que nous le concevons. À la tête de plusieurs entreprises, gagnante du prix Pierre Castel 2021 de SOLIBRA avec sa marque de beignets Bassy, cette boulimique du travail très peu gourmande d’exposition médiatique déroge à sa discrétion pour les lecteurs de JCD Mag. Nous allumons le dictaphone et nonobstant la joie bruyante des tablées autour de nous, c’est d’une voix calme et posée qu’elle répond. Entretien.

JCD Mag : Auriez-vous l’amabilité de vous présenter à nos lecteurs ?
Christelle Essim Egue: Je suis Christelle Essim, Cheffe d’entreprise et femme d’affaires. Voilà succinctement mon profil social.

JCD Mag : Quelles affaires faites-vous?
Christelle Essim Egue: Mes activités sont aussi diverses que variées. Elles s’étendent de l’agriculture à la transformation des épices, au BTP, à la décoration d’intérieur et je suis également la  promotrice de la marque de farine Bassy.

JCD Mag: À partir de quand avez-vous décidé  de créer toutes ses entreprises que vous dirigez?
Christelle Essim Egue: Après des études de marketing, j’ai travaillé dans plusieurs  entreprises et je me suis vite lassée. Je voulais changer, voir d’autres horizons, tenter d’autres expériences, j’ai donc fait une formation en IATA (Association du transport aérien international) après quoi, j’ai travaillé un temps dans une compagnie aérienne puis dans une agence de voyage. Et en 2014, j’ai décidé d’être à mon propre compte c’est ainsi que j’ai créé ma première entreprise dénommée PAM Service devenue avec le temps PAM Holding et dont les domaines d’intervention au départ s’étendait de la fourniture de bureau à l’entretien, en passant par la décoration d’intérieur ainsi que la blanchisserie industrielle et individuelle. Au fil du temps, j’ai ajoutée d’autres cordes à mon arc. Toutes les fois que je flaire une activité qui me semble prometteuse, je soupèse les risques et les avantages et puis je me lance si je me sens capable de relever le défi.  

JCD Mag: Comment faites-vous pour gérez tout ça sans vous emmêler les pinceaux ?
Christelle Essim Egue: Je suis une hyperactive. Et aussi paradoxal que cela puisse paraître, je ne parviens à me concentrer que lorsque j’ai beaucoup de choses à faire. Bien évidemment pour être efficace, il faut s’organiser et c’est ce que je fais. J’ai un planning que je m’efforce de respecter au mieux.

JCD Mag: Vous avez récemment remporté le Prix Pierre Castel 2021 de SOLIBRA, grâce à la farine de beignets Bassy. Dites-nous, comment du BTP, de l’agriculture et la décoration d’intérieur, on passe à la fabrication d’une farine? 
Christelle Essim Egue: L’idée m’est venue d’un constat. En effet, j’avais remarqué que des amis mais aussi des gens sur la toile exprimaient une nostalgie gustative des beignets de leurs enfances. Ils n’en trouvaient presque pas et même quand ils leur arrivaient d’en trouver, les conditions d’hygiène et le goût n’étaient pas à leurs convenances. Je me suis dit qu’il serait bien d’exploiter cette piste. Ainsi, j’ai décidé de produire une farine qui répondrait à la triple exigence du goût, des conditions d’hygiène et de la facilité de préparation.

JCD Mag : Depuis quand la farine Bassy est sur le marché ?
Christelle Essim Egue : C’est en 2017 que nous avons entamé l’aventure. Les farines Bassy ont donc quatre ans d’âge. 

JCD Mag: Avez-vous des compétences en transformation alimentaire où avez- vous recouru au service d’autres personnes ?
Christelle Essim Egue : Lorsque j’ai mûri l’idée de produire une farine alimentaire, deux options se présentaient à moi. Soit,  je faisais recours à des chimistes alimentaires et je ne m’occupais que de la promotion, soit je me formais pour avoir les compétences nécessaires pour concevoir le produit. C’est le second choix qui l’a emporté.  J’ai donc fait une formation en transformation alimentaire. Ensuite, j’ai fait des recherche et en collaboration avec l’IECD (l’Institut Européen de Coopération et de Développement),  j’ai fait des formulations pour aboutir à un produit qui respecte le protocole de fabrication de ce type de produit et qui est aux normes nationales et internationales.

Je tiens également à souligner que les produits Bassy sont contrôlés en laboratoire ce qui est un gage supplémentaires de la qualité de nos produits.

JCD Mag :  Comment êtes-vous passée de la conception à la commercialisation ?
Christelle Essim Egue:  À peine un mois après avoir trouvé la formulation et obtenue la validation de l’IECD et de la chambre de l’agriculture, il s’est tenue la foire du Made in Côte d’Ivoire. J’ai eu l’opportunité de présenter le produit au grand public.

JCD Mag : Quel a été l’accueil réservé à la farine Bassy ?
Christelle Essim Egue: Comme tout nouveau produit, il y’a d’abord eu l’appréhension. Mais comme au cours de la foire, nous faisions des séances de dégustation, on a pu convaincre les sceptiques sur la qualité de notre produit.

JCD Mag : Comment definiriez-vous en quelques mots la farine Bassy?
Christelle Essim Egue : La farine Bassy c’est une préparation à base de céréales locales et importées. Selon vos désirs, nous proposons des  préparations de beignets locales communément appelés  Tra-tra,  Jaune-jaune, Aller-retour, Gbofloto et depuis peu, il y’a le Gnonmi. Nous avons misé sur la facilité de préparation et en suivant les indications sur la boîte tout le monde est capable de concocter ses beignets.

JCD Mag: Pourquoi le nom Bassy et pas un autre ?
Christelle Essim Egue: Bassy c‘est le prénom de ma fille. Elle le tient de son arrière-grand-mère qui était une femme conciliante, qui rassemblait. C‘est aussi le caractère de ma fille. L‘esprit qu‘il y a derrière c‘est justement de rassembler les cœurs, mettre la bonne humeur.

JCD Mag: Pourquoi le nom Bassy et pas un autre ?
Christelle Essim Egue: Bassy c‘est le prénom de ma fille. Elle le tient de son arrière-grand-mère qui était une femme conciliante, qui rassemblait. C‘est aussi le caractère de ma fille. L‘esprit qu‘il y a derrière c‘est justement de rassembler les cœurs, mettre la bonne humeur.

On a des retours de certains clients qui nous disent que lorsqu‘ils partagent les beignets Bassy en famille, les enfants sont heureux, il règne une bonne ambiance familiale. 

JCD Mag: Quatre ans après le lancement de votre produit, comment se comporte-il sur le marché ?
Christelle Essim Egue : Le bilan est plutôt satisfaisant. Au départ, nous en vendions à peine 500 paquets tous les mois. Aujourd‘hui, on vend beaucoup plus. Mais, je pense qu‘on peut mieux faire car la  demande est réelle.

JCD Mag : Quelles sont les objectifs à moyen et long terme ?
Christelle Essim Egue : Les objectifs principaux sont de parvenir à une production automatisée de nos produits et de pouvoir les exporter aux quatre coins du monde.

JCD Mag : Où peut-on trouver les farines Bassy?
Christelle Essim Egue : Les produits Bassy sont distribués par Prosuma et Carrefour, ils sont donc disponibles dans la quasi-totalité des supermarchés de la ville d‘Abidjan mais aussi dans certaines supérettes de quartier. À l‘intérieur du pays, on en trouve à Sococé  Daloa, Yamoussoukro, Bouaké et San-Pedro. On distribue également dans certains pays de la sous-région notamment au Burkina-faso et au Sénégal.

JCD Mag: On imagine bien que la pandémie de la Covid19 a empêché l‘exportation de vos produits dans ces pays?
Christelle Essim Egue: Ah oui, vous imaginez bien. Quand la crise sanitaire est survenue, vous n‘êtes pas sans savoir que les frontières ont été fermées et par voie de conséquence nous n‘avons pas pu desservir nos clients de l‘étranger.

JCD Mag: Ce problème est-il réglé depuis l‘ouverture des frontières ?
Christelle Essim Egue : Oui. Nous avons recommencé l‘approvisionnement de nos clients de l‘étranger.

JCD Mag : Quelle est votre journée type?

Christelle Essim Egue: Je n‘ai pas à proprement dit une journée type. Nos activités sont tellement variées que chaque jour contient sa réalité. Je suis une lève-tôt. Dès 5 heures du matin, je suis debout. Je lis mes mails, je réponds, je consulte mes comptes et selon les impératifs du jour j‘organise ma journée. En général, dès 7 heures et demie du matin, je pars au bureau. Je fais des séances de travail avec mes collaborateurs puis je vais en prospection ou sur un chantier ou encore dans les plantations. Aucune journée ne ressemble à une autre. Il est donc difficile pour moi de vous décrire une journée type. 

JCD Mag : Quand on est autant occupé que vous l‘êtes, trouve-t-on du temps pour des loisirs?

Christelle Essim Egue: Pas vraiment. Gérer  toutes ses activités est tellement chronophage que j‘ai assez peu de temps à consacrer aux loisirs. Cela dit, mes rares moments libres, je les dédie essentiellement à mes enfants. Il m‘arrive aussi de façon occasionnelle d‘aller au restaurant pour partager un repas avec mes amis.

JCD Mag: Écoutez-vous la musique ? 

Christelle Essim Egue : Oui j‘en écoute. Surtout la musique religieuse. Mon coup de cœur du moment c‘est le Pasteur Athoms Gaël. Il m‘arrive également d‘écouter Michel Sardou, Johnny Halliday, Julio Iglesias, John Yalley. Ce sont des musiques qui ont bercé mon enfance. 

JCD Mag: Vous n‘écoutez donc jamais les musiques de la nouvelle génération ?

Christelle Essim Egue : Si, j‘écoute Josey, Dadju, Maître Gims et quelques autres. Mais je suis une grande nostalgique et c‘est pourquoi outre les chansons religieuses, les musiques que j‘écoute le plus souvent, ce sont celles qui  me replongent dans la période de mon enfance. 

Les 10 questions bonus au JCD

1.Quel est le principal trait de votre caractère ? 
L‘ adaptabilité et la maîtrise de soi

2. Qu‘est-ce qui vous rend le plus fière ? Avoir réussi à atteindre, par la Grâce du Tout Puissant, certains des objectifs que je me suis assigné. Le meilleur reste à venir. Aussi d’entendre ma famille, mon entourage, mais surtout d’entendre mes enfants dire qu’ils sont fiers.

3. Votre truc antistress ?
Les messages religieux. Je me dis toujours qu’il y‘a un enseignement que je devrais y tirer car il n’y a pas de hasard.

4. Votre devise ?
Amour, positivité, fais à l’autre ce que tu voudrais qu’on te fasse.

5. Sur une île déserte, qu’emporteriez-vous ?
Mes enfants.

6. Le livre qui vous a le plus marqué?
Le livre des proverbes 

7. Les trois essentiels de votre dressing ?
Un jean, une veste et des baskets.

8. Votre plat préféré ?
Les pâtes 

9. Un héros ou héroïne d’enfance ?
Cendrillon

10. Le cadeau que vous offrez souvent ?
C‘est en fonction du besoin de celui qui recevra.

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